MON MANDAT

Immédiatement après la publication de la décision de la Cour d'appel de l'Ontario sur le renvoi ordonné par le ministre fédéral de la Justice, j'ai été engagé par le procureur général pour lui fournir un avis indépendant et lui faire des recommandations sur la question de savoir s'il fallait verser une indemnisation à M. Truscott et sa famille immédiate compte tenu des conclusions de la Cour d'appel et, dans l'affirmative, quel devait en être le montant et quel palier de gouvernement devait en assumer la responsabilité.

J'ai reçu les observations exhaustives de Me Hersh Wolch, c.r., et de Me Marlys Edwardh, les avocats de M. Truscott, sur tous les aspects de cette affaire. Je leur suis très reconnaissant de leur aide. J'ai également reçu des déclarations écrites personnelles de M. Truscott et de sa femme, Marlene, décrivant en détail les répercussions que la déclaration de culpabilité injustifiée a eues sur leurs vies.

En outre, la lettre que m'a écrite la mère de M. Truscott, Doris Brennan, m'a donné une idée du drame et des épreuves que sa famille a vécues du fait de la déclaration de culpabilité et de l'emprisonnement de son fils. Malheureusement, Mme Brennan est décédée avant la fin de mon mandat. À cet égard, je tiens à présenter toutes mes condoléances à M. Truscott et à sa famille, et j'aimerais leur dire à quel point je regrette que Mme Brennan n'ait pas vécu assez longtemps pour voir la question de l'indemnisation enfin réglée.

J'ai également été en contact avec la famille de Lynne Harper. Le frère de Lynne, Barry, et son père, Les, m'ont fait parvenir des observations écrites très utiles par le biais de leur avocat, Me Ian Smith. Je mesure tout le chagrin que cette enquête a dû leur causer, et je les remercie de leur contribution.

J'ai choisi, à dessein, de suivre un processus non accusatoire. Mon objectif tout au long de cette enquête a été d'éviter d'ajouter à la douleur des parties concernées -- autant la famille de Steven Truscott que celle de Lynne Harper -- tout en réunissant tous les renseignements nécessaires pour pouvoir recommander une solution juste et équitable au procureur général. J'ai été aidé dans ma tâche par Me Julie Rosenthal, une jeune avocate très compétente de l'étude Goodmans LLP, dont la contribution a été considérable.

Pour tirer mes conclusions, j'ai tenu compte non seulement des intérêts de la famille Truscott et de la famille Harper, mais aussi de l'intérêt du public en général, et de son intérêt pour l'administration de la justice en particulier.

Ma tâche commence, comme il se doit, avec le décès de Lynne Harper.