CONCLUSION

Les personnes que j'ai rencontrées convenaient à la quasi unanimité que l'Ontario ne devrait pas abolir sa tradition de fournir une aide financière directe aux victimes de crimes violents par le biais d'un processus d'arbitrage indépendant. Cependant l'aide aux victimes d'actes criminels au Canada et ailleurs a évolué, passant d'une aide financière directe à un soutien par le biais de divers programmes et services autres que financiers, et les audiences des victimes d'actes criminels ont fait place à des mécanismes administratifs limités d'aide financière sans audience officielle. Ces changements ne concordent pas avec une démarche réellement compatissante, juste et réceptive aux besoins des victimes de crimes violents.

Pour examiner les possibilités de réforme de la Commission d'indemnisation des victimes d'actes criminels, le ministère s'est servi, entre autres, du nombre de victimes desservies comme critère de mesure. La réelle valeur de l'aide financière aux victimes d'actes criminels, cependant, repose non pas sur le nombre de victimes qui choisissent d'en faire la demande, mais sur ses répercussions déterminantes et positives dans les vies de chacune des victimes dont la demande est acceptée. Seuls, les services et les programmes d'aide aux victimes financés par le gouvernement pourraient ne pas répondre adéquatement aux besoins particuliers de chacune des victimes d'actes criminels. Une aide financière peut permettre aux victimes de crimes violents de reprendre leurs vies de la façon qu'ils jugent la plus appropriée pour eux.

L'aide financière accordée aux victimes de crimes violents demeure un volet essentiel et positif des services et des programmes ontariens d'aide aux victimes, et elle doit se poursuivre. De plus, comme le Rapport de l'ombudsman le dit clairement, le ministère doit fournir un financement adéquat et constant pour assurer le succès de tout programme d'aide financière.