Histoires de réussite

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Voici quelques histoires de réussite sur des victimes d'actes criminels et les projets communautaires qui les ont aidées.

Service de police de Cobourg

Imaginez que vous êtes un enfant victime d'un acte criminel ou un témoin d'un tel acte. Imaginez maintenant combien ce traumatisme pourrait se décupler si on vous demandait de vous asseoir à la même table d'acier froide que la police utilise pour interroger des criminels. Jusqu'à l'année passée, c'était ce qui se passait pour les enfants et les adultes de la collectivité de Cobourg, où le poste de police ne disposait que d'une salle d'interrogation pour les victimes et les criminels.

Une subvention du ministère a permis au service de police de Cobourg d'aménager une salle « douce » pour interroger les victimes, qui est non seulement beaucoup plus confortable que celle qui est utilisée pour les personnes accusées d'actes criminels, mais qui offre en plus un plus haut niveau de sécurité et de confidentialité.

Le chef Paul Sweet affirme que « l'effet calmant de la salle encourage les enfants témoins, en particulier, à raconter leur histoire avec plus de clarté et de détails ».

Un nouveau système moderne d'enregistrement des déclarations des victimes leur permet de parler et d'interagir directement avec les enquêteurs, au lieu de fixer une caméra de l'autre côté d'une table en acier. Dans la salle " douce ", la caméra et les microphones sont petits et discrètement montés dans les murs de couleur beige près de tableaux de paysage calmants.

Outre une table ronde, la salle contient un canapé en cuir et une lampe qui fournit un éclairage doux, plus propice aux discussions importantes.

La salle « douce » a créé un environnement plus sécuritaire qui permet aux victimes d'actes criminels de raconter leur histoire plus facilement.

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Vivre avec le deuil

Gwen Broadmore a fait une contribution durable aux victimes d'actes criminels, à leurs familles et à ceux et celles qui les servent.

Son fils, Liam, a été victime d'un homicide en 2005.

Dans le cadre de son parcours face au deuil et au système de justice pénale, Gwen s'est jointe à un groupe de soutien afin d'obtenir de l'aide et de la compréhension. Les autres membres du groupe ont compris qu'elle avait beaucoup à offrir aux autres et l'ont encouragée à raconter, par écrit, son chagrin et l'impact que le système de justice a sur le processus de deuil.

Sa quête de réponses qui l'aideraient à se retrouver dans les méandres du système de justice pénale est devenue la base de sa brochure, Le deuil et les tribunaux (PDF). Les représentants des services aux victimes dans tout l'Ontario considèrent cette publication comme un modèle de valeurs pour les victimes et le grand public. Dans la brochure, Gwen a intégré des photos prises par son fils pour que le talent artistique de son fils et sa compassion se perpétuent.

Gwen a également contribué à rehausser le profil des questions concernant les victimes dans sa collectivité en aidant d'autres parents en deuil et en participant à des conférences publiques. Lors d'une cérémonie de commémoration de victimes en 2009, Mme Broadmore a fait un témoignage émouvant, décrivant son expérience difficile face au système de justice pénale et expliquant comment les intervenants du système, ainsi que les amis et les membres de la collectivité peuvent faire un effort pour mieux répondre aux besoins des victimes d'actes criminels.

Gwen Broadmore est lauréate d'un Prix de distinction du procureur général pour les services aux victimes de 2010. Le programme de prix récompense des victimes d'actes criminels qui, par leur courage et leur dévouement, ont rehaussé le profil des questions concernant les victimes en Ontario, ainsi que les réalisations exceptionnelles de professionnels et de bénévoles dans le domaine des services aux victimes.

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Guérir des abus

C'est l'histoire d'un homme, qui, alors qu'il avait huit ans, a été victime d'agression sexuelle commise par un dirigeant communautaire en position de confiance. Il vivait dans une petite réserve autochtone du Nord de 300 habitants, accessible seulement par hydravion. Il n'avait aucun service aux victimes à qui s'adresser, personne à qui parler des abus qu'il subissait, pour l'aider à guérir.

Il a grandi empli de colère, souvent aux prises avec la loi, et a rejoint les rangs d'une bande de rue autochtone. Il a fini par échouer au pénitencier de Stoney Mountain.

Il s'est marié, a eu six enfants, mais a continué à avoir des problèmes relationnels. Un jour, après avoir subi de nombreux échecs, avoir touché à l'alcool et à la violence conjugale, il a entendu parler du projet « KEE-WAY-PA-ZI-KWII-WIN ». Ce projet offrait de l'aide aux victimes d'abus sexuels subis à l'enfance, qui déposaient des accusations au tribunal, et leur proposait des services de counseling intensifs et de l'information.

Il a fait appel aux services et a fini par raconter à un conseiller les abus dont il avait été victime pendant son enfance. Avec du soutien, il a confronté son agresseur et a déposé plainte devant les tribunaux.

Aujourd'hui, cette victime d'abus sexuels participe pleinement au projet K - offrant lui-même soutien et mentorat à d'autres victimes. Il rencontre les victimes et leurs familles, et leur raconte comment des services de counseling et des soutiens adaptés à sa culture lui ont permis de changer de vie et de retrouver la bonne voie. Il a renoué avec sa femme et a repris sa place de père de famille pour ses enfants. Son histoire d'un homme anéanti par le désespoir qui découvre les valeurs et le respect est une source d'inspiration pour tout le monde.

Le ministère a octroyé des fonds pour le projet « KEE-WAY-PA-ZI-KWII-WIN » ces dernières années.

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Vivre en confiance

Nous entendons souvent parler de gens dont la confiance en soi a été anéantie à cause du comportement d'un conjoint violent. Comment tourner la page et mener une vie empreinte de confiance dans un environnement sécuritaire?

C'est ce qu'a réussi à faire une femme du comté de Simcoe qui avait été victime d'abus mentaux et psychologiques.

Son mari a exercé un contrôle profond sur sa vie pendant des années, ce qui lui avait perdre toute confiance en elle et en sa capacité de prendre des décisions.

Lorsqu'il l'a menacée de violence physique, elle a rassemblé tout son courage pour appeler à l'aide. La police l'a conduite dans un endroit sécuritaire, qui l'a orientée vers la voie de la guérison. C'est ce qui l'a aidée à transformer sa vie et celle de ses enfants. Elle a rompu toute relation avec son mari et a profité des soutiens et services locaux offerts aux victimes.

Dix-huit mois plus tard, elle a témoigné lors d'un événement local pour les victimes, où elle a brandi une palette impressionnante de cartes professionnelles de tous les services communautaires qui l'ont aidée, dont :

Au fur et à mesure que sa vie s'améliorait, elle a continué à parler publiquement de l'épanouissement de ses enfants au sein d'un environnement sûr et rassurant et de ses propres progrès vers une vie nouvelle et un nouveau compagnon.

Outre les changements positifs de sa vie, elle raconte aussi comment le bénévolat qu'elle a fait pour les Services d'orientation et d'aide immédiate aux victimes locaux, qui offrent de l'aide immédiate et des services d'orientation aux victimes d'actes criminels, 24 h sur 24, 7 jours sur 7, l'a aidée à guérir en assistant d'autres victimes.

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Louise Russo

Lorsqu'on parle de modèles exemplaires dans le milieu des services aux victimes, le nom de Louise Russo est souvent évoqué.

En avril 2004, Mme Russo, mère de trois enfants, a été la victime innocente d'un acte criminel armé. Elle a été surprise au milieu d'un échange violent de coups de feu et sa colonne vertébrale a été brisée en plusieurs morceaux. Elle est restée paralysée de la poitrine aux pieds.

Aujourd'hui, Louise œuvre au soutien des victimes d'actes criminels et encourage les jeunes à faire de nos écoles et de nos collectivités des endroits plus sûrs pour apprendre, vivre et jouer.

En novembre 2005, elle a fondé Working Against Violence Everyday (W.A.V.E.) afin de célébrer les jeunes qui démontrent leur engagement envers les trois « R » - Respect, Responsabilité et Rôle du leadership - en vue de réduire la violence dans leur collectivité. Les lauréats du concours « 3R Challenge » de cette année, des jeunes qui ont fait une contribution exceptionnelle à leur collectivité, seront annoncés lors d'un événement auquel participeront des centaines d'élèves des 7e à 12e années, le 11 mai 2010.

Louise Russo est également active dans la défense des droits des personnes aux besoins particuliers. Elle siège au comité de l'accessibilité de la province avec le lieutenant-gouverneur David Onley.

En tant que membre du conseil d'administration de l'Office des affaires des victimes d'actes criminels, elle travaille avec la présidente Ruth Campbell et d'autres membres du conseil à fournir des conseils au procureur général Chris Bentley sur des moyens d'améliorer les services aux victimes et les politiques liées aux victimes.

Ses actions ont été récompensées par le prix YMCA Peace Medallion 2008 et le prix d'excellence TSU 2008 du Toronto Catholic District School Board.

En 2008, Louise a également reçu le Prix de distinction du procureur général pour les services aux victimes pour son courage et sa détermination, ainsi que pour ses efforts auprès des jeunes visant à les encourager à soutenir leur collectivité.

Cette année, Louise a trouvé le temps de siéger au comité de sélection qui recommande au procureur général des candidats aux Prix de distinction du procureur général pour les services aux victimes.

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Ouvrir la porte

Il y a de nombreux facteurs dont il faut tenir compte lorsqu'on travaille avec des enfants témoins, notamment leurs besoins de base et leur niveau de développement. Il est important d'écouter, de comprendre et de leur expliquer comment exprimer leurs sentiments et leurs peurs. Il faut toujours faire preuve de respect, travailler au niveau de l'enfant et l'entourer d'un environnement rassurant.

Voici le cas d'un enfant victime d'agression sexuelle que j'ai accompagné au procès.

Elle était visiblement bouleversée par la procédure et avait peur. La première chose qu'elle m'a dite lorsque je l'ai saluée à la porte de mon bureau était : « Je ne dirai rien. »

Elle s'est assise par terre et a commencé à construire quelque chose avec des pièces de Légo.

Pendant qu'elle jouait, j'en ai profité pour nommer quelques-uns des sentiments qu'elle ressentait, en sachant qu'elle me dirait quelque chose si je m'éloignais de ce qu'elle ressentait. J'ai parlé de certaines de ses peurs, l'ai rassurée et lui ai expliqué ce qui allait se passer au tribunal.

Elle a construit une boîte de Légo avec des fenêtres et une porte, et m'a montré qu'elle avait enfermé tous ses sentiments à l'intérieur de la boîte et qu'elle ne les laisserait pas sortir.

Elle est restée calme dans la salle d'audience et l'affaire a été réglée par un plaidoyer de culpabilité de la part de l'accusé. Après que le procureur de la Couronne a expliqué à l'enfant les résultats de l'audience, elle a voulu retourner dans mon bureau.

Arborant un énorme sourire, elle a ouvert la porte de sa boîte de Légo en m'annonçant : « J'ai ouvert la porte et laissé sortir mes sentiments. »

Cette histoire a été soumise par Darlene Scantland, chef d'équipe du Programme d'aide aux victimes et aux témoins d'Ottawa. Le programme, dispensé par des employés du ministère, fournit de l'information, de l'assistance et du soutien aux victimes et témoins d'actes criminels.

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