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Du bénévolat aux organismes communautaires en passant par les dons aux causes de bienfaisance, la population ontarienne contribue généreusement aux organismes de bienfaisance. Les gens se préoccupent parfois de la manière dont un organisme de bienfaisance utilise ses biens. Ce guide vise à expliquer comment formuler une plainte concernant une éventuelle mauvaise utilisation des biens aux fins de bienfaisance.
En Ontario, le Tuteur et curateur public peut mener des enquêtes sur les plaintes relatives à l’utilisation de biens aux fins de bienfaisance ainsi qu’à leur administration, mais son autorité se limite à certains types de plaintes.
Il existe trois secteurs généraux à l’égard desquels le Tuteur et curateur public peut mener des enquêtes :
Le Tuteur et curateur public peut mener des enquêtes sur les plaintes relatives à une mauvaise utilisation des biens aux fins de bienfaisance.
Légalement, un organisme de bienfaisance s'inscrit dans l'une de quatre catégories principales :
Un bien aux fins de bienfaisance est un bien, y compris tout bien remis à titre de don, qui appartient à un organisme de bienfaisance ou qui doit être utilisé à des fins de bienfaisance. Cela comprend de l’argent, des biens immobiliers, de la nourriture, des vêtements, des marques déposées ou un fonds de commerce.
Les organismes, de bienfaisance et autres, peuvent détenir des biens aux fins de bienfaisance. Par exemple, un club qui procède à une collecte de fonds pour aider les victimes d’un désastre, dans le cadre d’une vente de pâtisseries, détient l’argent ainsi recueilli à des fins de bienfaisance. Il s’agit donc d’un bien de bienfaisance et l’argent doit être utilisé pour aider les victimes du désastre. Le Tuteur et curateur public peut mener une enquête sur la manière dont le club utilise ce bien aux fins de bienfaisance, si ledit bien n’est pas utilisé pour secourir les sinistrés, même si le club n’est pas un organisme de bienfaisance.
Les organismes de bienfaisance sont des organismes (fiducies, associations non constituées en personne morale et sociétés sans but lucratif) organisés dans le seul but de poursuivre des fins de bienfaisance. En voici des exemples : églises, banques d’alimentation, universités, fonds fiduciaires de bourses d'études et lieux d'hébergement pour animaux.
Il est important de noter que toutes les sociétés sans but lucratif ne sont pas considérées comme des organismes de bienfaisance. Seules les sociétés qui sont établies dans l’unique but de poursuivre des objectifs de bienfaisance sont des organismes de bienfaisance. Les clubs de services, clubs sociaux, organismes de sport amateur et organismes culturels sont des exemples d’organismes sans but lucratif qui ne sont pas des organismes de bienfaisance.
En général, le Tuteur et curateur public peut mener des enquêtes sur les types de questions suivants :
Le Tuteur et curateur public peut mener des enquêtes sur les plaintes concernant la gestion ou le fonctionnement d’une entreprise qui est contrôlée de façon importante par un organisme de bienfaisance. Un organisme de bienfaisance a un intérêt de groupe financier dans une entreprise lorsqu’il détient plus de 20 % des droits de vote ou plus de 20 % des capitaux propres.
Le Tuteur et curateur public peut mener des enquêtes notamment sur les questions suivantes :
Le Tuteur et curateur public peut exiger de l’entreprise qu’elle lui fournisse des documents commerciaux et financiers ainsi que toute autre information pertinente.
Vous pouvez obtenir plus de renseignements au sujet du pouvoir du Tuteur et curateur public de mener des enquêtes sur les plaintes concernant une entreprise dans laquelle un organisme de bienfaisance détient un intérêt de groupe financier en consultant l’article 4.1 de la Loi sur la comptabilité des œuvres de bienfaisance.
Bien que le Tuteur et curateur public ait le droit de mener des enquêtes sur les plaintes de mauvaise gestion des biens aux fins de bienfaisance, il peut décider de ne pas mener d’enquête sur une plainte si :
Le Tuteur et curateur public traite uniquement les plaintes qui portent sur l’utilisation des biens aux fins de bienfaisance. Si la plainte ne concerne pas l’utilisation des biens aux fins de bienfaisance, il y a souvent un autre organisme qui peut examiner la question qui est l’objet de la plainte. On trouvera ci-après des exemples de plaintes à l’égard desquelles le Tuteur et curateur public ne mène pas d’enquête :
Plaintes sur la violation :
Les plaintes sur la violation des règlements de zonage ou d’autres règlements municipaux peuvent être renvoyées à la municipalité en question.
Les affaires qui suivent concernent les droits des membres ou la gestion interne que les membres peuvent régler eux-mêmes en se fondant sur les règlements internes de l’organisme, l’acte constitutif ou des documents similaires. Voici certaines des questions les plus courantes :
Si l’organisme est constitué en personne morale ou s’il est exploité en vertu de la Loi sur les personnes morales de l’Ontario, ServiceOntario, du ministère des Services gouvernementaux, peut être en mesure de fournir d’autres renseignements sur les droits prévus par cette loi. Par ailleurs, si l’organisme est constitué en personne morale en vertu de la Loi sur les personnes morales du Canada, la Direction générale fédérale des corporations, Industrie Canada, peut être en mesure de fournir des renseignements supplémentaires sur les droits prévus par cette loi.
Il arrive que des gens ne soient pas d’accord avec la manière dont les biens de bienfaisance sont utilisés pour poursuivre les objectifs de l’organisme de bienfaisance. Il s’agit d’une question interne à l’organisme de bienfaisance. Si les membres ne sont pas d’accord quant à la manière dont l’organisme de bienfaisance poursuit ses objectifs de bienfaisance, il leur appartient d’exercer les droits qu’ils peuvent avoir en vertu de la loi et des règles de l’organisme pour changer le mode de gestion de l’organisme ou son orientation.
Les plaintes relatives aux violations de la Loi de l’impôt sur le revenu (Canada) peuvent être adressées à la Division de l’observation de la Direction des organismes de bienfaisance.
Les plaintes relatives aux questions en matière de location immobilière peuvent être adressées à la Commission de la location immobilière de l'Ontario qui relève du ministère des Affaires municipales et du Logement.
Ces questions sont des affaires internes privées entre le plaignant et l’organisme concerné. Les plaintes peuvent être adressées à la Direction de la protection du consommateur du ministère des Services aux consommateurs. Une demande déposée à la Cour des petites créances, qui relève maintenant de la Cour supérieure de justice, peut aussi être faite dans des circonstances appropriées.
Ces questions sont des affaires privées entre le plaignant et l’organisme visé.
Les questions relatives aux subventions ou au financement gouvernementaux qui ne sont pas utilisés conformément aux conditions de la subvention ou du financement peuvent être examinées par l’organisme public qui a fourni la subvention ou le financement.
Les jeux sans permis (bingo, casinos, loteries, billets en pochette, etc.) ou les situations où des sommes résultant des jeux qui ne sont pas utilisées par un organisme de bienfaisance ayant un permis aux fins prévues dans le permis, sont des affaires qui peuvent être examinées par la Commission des alcools et des jeux de l'Ontario. Pour plus de renseignements, veuillez consulter le www.acgo.on.ca.
La formulation d’une plainte sur un organisme de bienfaisance ou une personne qui gère des biens à des fins de bienfaisance est une affaire grave. Le Tuteur et curateur public suggère, si c'est possible, de commencer par aborder l’organisme de bienfaisance en lui faisant connaître vos préoccupations en premier. Très souvent, l’organisme de bienfaisance mettra au clair ses actions pour vous satisfaire.
Si vous désirez déposer une plainte concernant l’utilisation des biens aux fins de bienfaisance, vous devrez suivre le processus que voici :
Préparez une lettre indiquant votre plainte. La lettre doit fournir tous les détails précisant comment, selon vous, les biens aux fins de bienfaisance sont mal utilisés.
Vous devrez signer et dater la lettre et indiquer vos adresse et numéro de téléphone (au travail et à domicile si possible) pour que nous puissions vous contacter si jamais nous avons besoin de mettre au clair certains points. Si le plaignant est un groupe de personnes, indiquez le nom du porte-parole du groupe. Il serait également utile de fournir une liste des personnes qui portent plainte. Le Tuteur et curateur public n’examine pas les plaintes anonymes.
Vous devriez joindre à votre lettre tout élément de preuve à l’appui de votre plainte. Exemples :
Des éléments de preuve sont nécessaires pour montrer que votre plainte est faite de bonne foi.
Le Tuteur et curateur public travaille en toute confiance et collabore étroitement avec les parties concernées. Le Tuteur et curateur public accusera réception de votre plainte et son personnel peut vous contacter pour obtenir de plus amples renseignements.
Si le Tuteur et curateur public décide de mener une enquête sur une affaire, il le fait en son propre nom et non au nom du plaignant. Pour cette raison, vous ne serez pas tenu au courant de l’évolution de l’enquête. Toutefois, il vous informera de la date à laquelle l’enquête a été terminée. D’après notre expérience, certaines enquêtes prennent du temps et peuvent durer des mois, voire des années.
Si vous voulez que le Tuteur et curateur public conserve le caractère confidentiel de votre identité ou d’un document ou d’une information, vous devriez faire une demande en ce sens par écrit. Vous devriez indiquer clairement les parties de la plainte ou d’un autre document ou information que vous voulez garder confidentielles.
Vous devez aussi fournir les raisons pour lesquelles vous voulez garder le caractère confidentiel de votre nom ou d’une autre information ou d’un document. Le Tuteur et curateur public essaiera de respecter votre demande mais il ne peut garantir que les noms des plaignants ou l’information qu’ils fournissent demeureront confidentiels. Dans le cadre de l’examen, il peut être nécessaire de divulguer des documents et des renseignements que vous avez fournis.
Le Tuteur et curateur public peut aussi, dans le cadre des procédures judiciaires, divulguer volontairement les lettres de plaintes ou l’identité du plaignant. Si votre plainte se traduit par l’introduction d’une action en justice, le Tuteur et curateur public joint habituellement la lettre de plainte aux documents déposés en cour. En outre, le Tuteur et curateur public peut être requis par le tribunal de divulguer la ou les lettres de plaintes qui ont donné naissance à l’affaire.
Les dossiers du Tuteur et curateur public, y compris les plaintes – sont assujettis à la Loi sur l'accès à l'information et la protection de la vie privée. En vertu de cette loi, les organismes publics sont tenus de fournir certains renseignements aux personnes qui en font la demande. Les lettres de plaintes peuvent être requises et divulguées au public, sous réserve des exemptions prévues par la Loi.
Vous pouvez obtenir de plus amples renseignements sur la Loi sur l'accès à l'information et la protection de la vie privée du bureau du coordonnateur de l'accès à l'information et la protection de la vie privée, ministère du Procureur général, ou de la Commission de l'accès à l'information et de la protection de la vie privée.
Il y a deux solutions de rechange pour formuler une plainte directement au Tuteur et curateur public.
Cet article vous permet de formuler par écrit, auprès de la Cour supérieure de justice, une plainte concernant la manière dont un organisme de bienfaisance a sollicité des fonds auprès du public ou utilisé les fonds recueillis. Votre plainte devrait prendre la forme d’un affidavit et vous devriez joindre à celui-ci tout document à l’appui de votre plainte. Un juge examinera votre plainte et déterminera s’il enjoindra le Tuteur et curateur public de mener une enquête au sujet de l’affaire que vous soulevez dans votre plainte et de lui présenter ensuite un rapport par écrit sur celle-ci. Le Tuteur et curateur public peut ensuite se prévaloir des pouvoirs qui lui sont conférés en vertu de la Loi sur les enquêtes publiques. Comme il s’agit d’une procédure judiciaire, vous serez identifié comme étant le plaignant.
En vertu de cet article, deux personnes peuvent demander aux tribunaux des directives concernant l’administration des biens d’un organisme de bienfaisance ou une allégation d’un abus de confiance. Vous devez préparer et déposer une demande officielle à la cour et remettre un avis au Tuteur et curateur public qui peut comparaître devant le juge lorsque la demande est entendue par la cour. Le juge peut enjoindre le Tuteur et curateur public de tenir une enquête et de lui présenter ensuite un rapport écrit sur celle-ci. Le Tuteur et curateur public peut se prévaloir des pouvoirs qui lui sont conférés par la Loi sur les enquêtes publiques. Comme il s’agit d’une procédure judiciaire, vous serez identifié comme étant le plaignant.
Comme ces démarches exigent la préparation de documents à déposer en cour, vous pouvez songer à retenir les services d’un avocat pour vous aider. Vous trouverez l’adresse du tribunal le plus près de chez vous dans les pages bleues de votre annuaire téléphonique.
Le Tuteur et curateur public travaille pour maintenir la confiance du public dans le secteur des œuvres de bienfaisance. Le plus souvent, celui-ci tentera de collaborer avec l’organisme de bienfaisance pour rectifier les erreurs du passé et aider l’organisme de bienfaisance à éviter les problèmes à l’avenir.
Bureau du Tuteur et curateur public
Programme des biens aux fins de bienfaisance
595, rue Bay, bureau 800
Toronto (Ontario) M5G 2M6
No de téléphone : (416) 326-1963 ou ailleurs en Ontario,
sans frais, au 1 800 366-0335
Internet : www.attorneygeneral.jus.gov.on.ca/french