La médiation obligatoire offre la possibilité de régler les poursuites à une étape préliminaire.
La Règle 24.1 des Règles de procédure civile établit le programme de médiation obligatoire dans le cadre des actions civiles, autres que les causes de droit de la famille, régies par le système de gestion des causes.
Le programme de médiation obligatoire est entré en vigueur en 1999 sous la forme d'un projet pilote, à Toronto et Ottawa. Par suite d'une évaluation positive, la Règle 24.1 a été rendue permanente à compter du 3 juillet 2001. Le programme de médiation obligatoire est en vigueur à Toronto et Ottawa et, depuis le 31 décembre 2002, à Windsor.
La médiation obligatoire est un élément clé de la stratégie de réforme de la justice civile de l'Ontario, qui a été recommandée dans le cadre du Projet de révision de la justice civile. Le programme a été conçu pour aider les parties à régler leurs différends à l'extérieur des tribunaux, à une étape préliminaire de la procédure judiciaire, ce qui permet d'économiser temps et argent.
Environ 95 % de toutes les poursuites se règlent avant le procès. Toutefois, un grand nombre d'entre elles se règlent à une étape tardive de la procédure, après que les parties ont dépensé des sommes importantes en frais juridiques.
La Règle 75.1 des Règles de procédure civile établit le programme de médiation obligatoire pour les affaires ayant trait aux successions, aux fiducies et aux décisions prises au nom d'autrui. Ce programme de médiation obligatoire est entré en vigueur en 1999 sous la forme d'un projet pilote à Toronto et Ottawa. Par suite d'une évaluation positive, la Règle 75.1 a été rendue permanente le 1 er juillet 2004. Le programme de médiation obligatoire sera étendu à Windsor le 1 er janvier 2005.
Dans le cadre de la médiation, un tiers neutre, le médiateur, facilite la communication entre les parties à un différend pour les aider à parvenir à un règlement mutuellement acceptable.
Contrairement aux juges, les médiateurs ne tranchent pas les causes et n'imposent pas de règlement. Le rôle du médiateur consiste à aider les parties au litige à communiquer l'une avec l'autre et à négocier de manière constructive afin de mieux comprendre les intérêts de toutes les parties et de trouver une solution basée sur une compréhension commune et une entente mutuelle.
En vertu du programme de médiation obligatoire, les causes sont renvoyées à une séance de médiation à une étape préliminaire du différend afin de donner aux parties l'occasion d'examiner les points en litige. Grâce à l'aide d'un médiateur qualifié, les parties explorent les options de règlement et peuvent ainsi être en mesure d'éviter le processus préalable au procès et l'étape même du procès.
Remarque : Les délais applicables à la gestion des causes continuent de s'écouler.
Si une partie omet de soumettre un exposé des questions en litige ou de se présenter à la séance de médiation au cours des 30 premières minutes de la séance, le médiateur peut annuler la séance de médiation et déposer un certificat de non-conformité. La partie responsable de l'annulation devra payer les frais d'annulation imposés par le médiateur et peut être assujettie à des sanctions imposées par le tribunal.
La médiation peut avoir lieu à tout endroit qui convient aux parties, notamment le bureau du médiateur, le bureau de l'une des parties ou de son avocat ou encore un bureau au palais de justice.
Toutes les parties doivent participer à la séance de médiation. Si une partie est représentée par un avocat, ce dernier doit aussi y participer. L'avocat ne peut se présenter à la place d'une partie. Les parties doivent avoir les pouvoirs de régler la cause ou elles doivent pouvoir téléphoner directement à la personne dont l'approbation est requise pour le règlement du litige. Si le requérant ou le défendeur est une personne morale, une société en nom collectif ou un autre organisme, il devrait être représenté par une personne physique habilitée à prendre une décision en son nom.
Le programme de médiation obligatoire prévoit une séance de médiation d'au plus trois heures. De toute évidence, le médiateur peut mettre fin à la médiation avant la fin de cette période si la cause est réglée ou s'il estime que le processus n'est pas constructif pour les parties.
Si la médiation n'est pas terminée en trois heures, le médiateur peut, avec le consentement de toutes les parties, continuer la séance ou fixer des séances supplémentaires.
Si un accord réglant tout ou partie des questions en litige est conclu, il est signé par les parties désignées ou leurs avocats.
Si l'accord règle toutes les questions en litige, le défendeur dépose auprès du tribunal un avis à cet effet, au plus tard 10 jours après la signature de l'accord (dans le cas d'un accord conditionnel, au plus tard 10 jours après que les conditions sont remplies).
Les ententes conclues à la médiation ont force obligatoire. Si une partie ne respecte pas une entente signée, toute autre partie à l'entente peut présenter une motion pour obtenir un jugement en vertu des conditions de l'entente ou poursuivre l'action en justice comme s'il n'y avait pas eu d'entente.
La médiation peut être fructueuse même si l'affaire n'est pas réglée. On estime que la médiation est réussie si elle a permis aux parties de mieux comprendre leurs positions respectives, de limiter les questions en litige ou de régler une partie des questions, ou encore si les parties se sont mis d'accord sur un processus pour régler les questions en litige à une étape ultérieure de la procédure. Les affaires qui ne sont pas réglées à la médiation se poursuivent par la voie judiciaire.
Les honoraires des médiateurs sont fixés par le gouvernement et couvrent une heure de préparation et une séance de médiation d'une durée maximale de trois heures. Ces honoraires ne peuvent dépasser le montant indiqué ci-dessous. (Note : ces honoraires ne comprennent pas les honoraires de l'avocat d'une partie.)
| Nombre de parties | Honoraires maximums |
|---|---|
| 2 | 600 $ plus TPS |
| 3 | 675 $ plus TPS |
| 4 | 750 $ plus TPS |
| 5 ou plus | 825 $ plus TPS |
Les honoraires du médiateur sont divisés également entre les parties. En vertu de la Règle 75.1, le tribunal peut ordonner une répartition différente des honoraires.
Si la séance n'est pas achevée après trois heures, la médiation peut se poursuivre, si toutes les parties y consentent, à un taux convenu par les parties et le médiateur avant la tenue de la séance.
En vertu de la Règle 24.1, les services de médiation seront fournis gratuitement aux personnes qui ont un certificat d'aide juridique ou qui répondent aux exigences d'admissibilité financière du ministère du Procureur général.
Outre ses honoraires, un médiateur qui est choisi par les parties peut exiger des frais, comme les frais de location d'une salle. Toutefois, le médiateur doit s'assurer que les parties acceptent le paiement de ces frais avant le début de la médiation.
Conformément à la décision d'un tribunal, les médiateurs désignés qui résident à l'extérieur du comté où l'instance est introduite ne peuvent exiger le remboursement de frais.
Des coordonnateurs de la médiation locaux, à Toronto, Ottawa et Windsor, administrent le programme de médiation obligatoire.
Des comités de médiation locaux, établis à Toronto, Ottawa et Windsor, sélectionnent des médiateurs pour la liste de médiateurs du programme, surveillent le rendement des médiateurs et répondent aux plaintes concernant les médiateurs. Les comités de médiation locaux sont composés de bénévoles représentant les juges, les avocats, les médiateurs, le public et le personnel du ministère du Procureur général.
Des listes de médiateurs du secteur privé ont été établies pour Toronto, Ottawa et Windsor.
Les médiateurs dont le nom figure sur la liste sont choisis en fonction des lignes directrices du ministère du Procureur général portant sur l'expérience, la formation, les études et la connaissance du système de justice civile.
Les médiateurs dont le nom figure sur la liste doivent se conformer aux Règles 24.1 et 75.1 et aux règlements relatifs aux honoraires. Ils doivent aussi maintenir en vigueur une assurance de responsabilité professionnelle avec une garantie minimum d'un million de dollars et participer à une séance d'encadrement. En outre, ils doivent observer les politiques administratives et le code de déontologie du programme.
On peut se procurer la liste des médiateurs auprès des endroits suivants :
http://www.attorneygeneral.jus.gov.on.ca/french/courts/manmed
ou appelez le coordonnateur de la médiation local
| à Toronto : | 416 314-8365 |
| à Ottawa : | 613 239-1135 |
| à Windsor : | 519 973-6669 |

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